Quand les éditeurs pensent marketing
Une blague ? Non. C'est ce que j'ai cru en apprenant la nouvelle ce matin sur le statut de Galleane et celui de Jess, mais c'est on ne peut plus vrai. Divergent, un livre coup de coeur pour moi, une nouvelle dystopie exceptionnelle, bientôt - tout est relatif - adaptée au cinéma, était sortie aux éditions Nathan il y a quelques mois. A présent, c'est au tour du second tome. Que nous sortent les éditeurs ? Une belle catastrophe. La couverture change, tout en s'appropriant un ton à la "Hunger Games", nouveau phénomène mondial, qui pourrait attirer un public bien plus large à la série. Tout à fait logiquement, le premier tome de celle-ci sera également republié. Place à une jeune fille entourée de flammes - qui a dit déjà vu ? - replaquée à chaque tome de la saga, tout en ajoutant le détail qui tue : le changement de couleur, pour ne pas confondre les différents volets. Mais ce n'est pas tout, puisque pour "relancer la promotion" d'une saga, rien de mieux qu'un changement de titre, non seulement par rapport à la VO, mais aussi par rapport au premier tome. Bref, ni vu ni connu, Divergent devient Divergente, Insurgent (ou Les insurgés, comme c'était prévu au départ) devient Divergente 2 ! Une seule lettre, mais qui a toute son importance. C'est vraiment se moquer des gens, des lecteurs, de ceux qui font après tout vivre les maisons d'édition !
Nous l'avions déjà vu avec Delirium et Pandemonium, alias Delirium 2, chez Hachette Jeunesse mais là, c'était la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Je suis profondément déçue, en colère et choquée par le choix des maisons d'édition. Que les nouvelles couvertures soient dépourvues d'originalité et, surtout, du charme des premières, c'est une chose, mais le changement, c'en est une autre. On l'a tous compris, le but est purement commercial. Aujourd'hui, faire plaisir aux clients, aux lecteurs, n'est qu'un lointain et vague souvenir. J'ose à peine espérer que des amoureux de la lecture travaillent encore dans le métier.
Pour moi, un éditeur qui choisit de changer une cover, un titre est une éditeur qui ne sait pas ce qu'il veut. Un tel procédé ne donne pas du tout une image crédible, ni correcte de la maison et ne me donne pas envie de croire en la bonne volonté des gens. Est-ce que j'achèterai cette suite ? Non. Pas parce que je veux démontrer ma révolte, mais parce que je n'ai toujours pas acheté Delirium 2, malgré mon coup de coeur pour le premier, et que j'y ai survécu. Je songe plutôt à me lancer dans la lecture VO uniquement, donc dans Insurgent notamment, pour éviter au maximum de tels soucis avec les maisons françaises. Je contourne le problème, bien sûr, mais je ne peux faire plus que ça. Il n'y a pas de quoi s'inquiéter, je ne suis qu'une lectrice parmi tant d'autres, déçue, mais ma vie continue. C'est dommage. Je suis triste pour tous ceux qui devront s'acheter cette suite en français parce qu'ils ne lisent pas en VO et pour les maisons qui ont perdu leur crédibilité et leur attrait à mes yeux. Merci à ceux qui m'auront lue jusqu'au bout ;-)